Ukule-Moi parle de Caravelle…

Comme la coutume le veut sur notre page Ukule-Moi, nous posons notre fameuse question « Qu’est-ce que le ukulélé représente pour toi? » aux artistes qui se produisent sur notre scène. Aujourd’hui, en l’absence de concert, nous avons cherché à mieux connaître un personnage qui fait de plus en plus parler de lui dans le milieu du Uke. Il s’agit de Matthieu, le luthier amateur de Caravelle Kitchen.

Ukule-moi : « Bonjour Matthieu. Alors, je précise tout de suite que, confinement oblige, nous n’avons pas pu nous rencontrer pour réaliser cette interview. Commençons par la question qui inspire tous ceux à qui nous la posons : pour toi, qu’est-ce que le ukulélé? »

Matthieu : « Le ukulélé, pour moi c’est le shoot de plaisir. Tu le décroches du mur, tu en joues 30 secondes ou 2 heures ça n’a pas d’importance. Le plaisir est là, pas de contrainte ou de pression. C’est vraiment juste du plaisir. »

Ukule-moi :  » Une forme d’addiction en somme. Nous allons tenter d’en savoir un peu plus sur toi si tu le veux bien. Tu te présentes comme un passionné de lutherie et non comme un luthier. C’est ça ? »

Matthieu : « En effet, je suis avant tout, un amateur, un autodidacte. Grand passionné, mais amateur. J’ai un tout autre métier dans la vie. Je suis enseignant. Mon temps libre, je le réserve à ma vie de famille et aussi, à la fabrication de tous ces ukulélés. »

Ukule-moi : « C’est à dire que ton atelier, c’est ton appartement ? »

Matthieu : « Et oui. Je tords les éclisses dans la baignoire de mes enfants , je vernis à la cave, je ponce sur le tout petit balcon… Bref, je m’en sors assez bien, je commence à être super content du son et de la jouabilité de mes ukulélés. je dois avoir une dizaine de modèles différents aujourd’hui, voir plus si je rajoute les ukulélés harpes, et ukulélés à archet. Il me faut à peu près un mois pour en faire un sur commande (parfois moins pendant les vacances scolaires). »

Ukule-moi : « Le nom Caravelle Kitchen vient du fait que tu bricoles aussi dans ta cuisine ? »

Matthieu : « Pas tout à fait. C’est plutôt une allusion à la street kitchen. Très populaire en Asie du Sud-Est. Cela consiste à cuisiner sans ambages dans des gargotes situées dans la rue. L’idée c’est que ce qui compte, c’est le goût et le plaisir qu’on y prend. Pas la poursuite de la perfection, de l’apparence, mais l’exigence sur le son et la jouabilité. »

Ukule-moi : « J’ai noté que tu faisais aussi très attention aux produits et aux bois que tu utilises. »

Matthieu : « Oui alors, j’essaie de choisir des bois issus d’une filière responsable, mais je n’ai pas beaucoup de contrôle dessus, donc je fais confiance aux labels. Je m’attache à diminuer les produits nocifs, pour faire des instruments au vernis le plus léger possible (pour ne pas que ça les étouffe ou les bride) et également, comme tu l’imagines, pour la santé de mes enfants. Je stock mes ukulélés un peu à la manière de jambons suspendus dans mon appartement, je n’ai pas très envie que mes petits respirent les émanations de produits toxiques. »

Ukule-moi : « Tes ukulélés sont un retour à la fabrication artisanale. On est loin des ukulélés industriels venant de l’autre bout du monde ! »

Matthieu : « C’est vrai. Mes instruments sont aux antipodes des productions industrielles qu’on trouve. Non pas que je critique ces productions que j’aime aussi beaucoup. Mais en effet, mes instruments ont beaucoup de caractère, et s’adaptent, selon les modèles, à certains types de jeux plutôt qu’à d’autres… Ils ne sont pas neutres. »

Ukule-moi : « Tu déménages cet été pour t’installer, avec ta famille et tes ukulélés, du côté de Royan en Charente-Maritime. On connait tous le travail de Sylvain Enjoubaut avec son MOTU et La case à ukes. Tu seras un luthier « ukulélé » de plus dans le secteur. La Charente-Maritime est une terre riche pour la culture uke. »

Matthieu : « C’est certain 😉. Je connais le succès mérité du MOTU, je suis hyper admiratif du travail de Sylvain. Concernant mon déménagement, une partie de ma famille et de ma belle famille est originaire de Royan. Et puis, autre chose que je ne t’ai pas dit, c’est que parmi mes passions, il y a l’océan, et le surf (enfin le bodyboard maintenant). »

Ukule-moi : « Un retour au source qui s’accompagnera aussi d’une amélioration de tes conditions de fabrication de tes ukulélés ? »

Matthieu : « Ben ça va changer en effet certaines choses, notamment un gain de place. Je ne compte pas changer mon rythme pour le moment car je conserve un autre emploi à côté, mais je compte m’épanouir bien plus, évidemment. »

Ukule-moi : « Nous sommes très heureux, du côté des fans de ukulélé de la région bordelaise, de savoir que tu te rapproches de nous. On va très certainement pouvoir se rencontrer, une fois le confinement terminé. »

Matthieu : « Avec plaisir ! Je voudrais rajouter un petit quelque chose. J’adresse un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu et encouragé, que ce soit mon épouse, mes amis, les membres du forum, TOKO, Alexandra, et tous les nombreux joueurs de ukulélés qui ont cru en mon travail parfois uniquement par correspondance sans pouvoir les essayer. Un grand merci aussi à Karim Bonnardel, qui a eu la très très grande gentillesse de présenter quelques-un de mes ukulélés dans ses excellentes chroniques ukulélistiques à retrouver sur youtube : https://youtu.be/j94ZHj9DD48 . »

Ukule-moi : « Merci beaucoup Matthieu. Toute l’équipe Ukule-Moi te souhaite un bon déménagement et nous te disons à très bientôt 😉. »

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